| Sh. Chimeddorj |
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Par ses peintures, Chimeddorj nous invite à nous glisser, telle la lumière dans l’intimité d’une yourte, à travers tradition et modernité, à nous enivrer de larges espaces remplis de steppe et de ciel bleu. Des origines de la peinture mongole Culture mongole et nomadisme sont indissociables. Depuis plus de 2000 ans la vie quotidienne des nomades, rythmée par le cycle des saisons, s’organise autour de l’élevage. Pasteurs, les Mongols habitent des tentes rondes recouvertes de feutre appelées yourtes. A l’intérieur, pas de séparation, l’espace circulaire se construit selon les quatre points cardinaux. Au centre est le foyer, au sud la porte, au nord l’autel, à l’est le coin des femmes où sont conservés les aliments à base de viande et de laitages et à l’ouest celui des hommes où s’entreposent les objets de l’élevage. Installée au cœur d’immenses steppes, aux horizons lointains, aux cieux panoramiques, la yourte par son intimité contraste avec l’infini des steppes. Là paissent yacks, chevaux et moutons, passent les cavaliers. De ce mode de vie, des légendes passées, de la relation homme cheval, provient la peinture mongole.
De la technique picturale Chimeddorj alterne aquarelles, esquisses à l’encre sur papier de riz et huiles sur canevas de grand format. Les esquisses sur papier de riz sont pour lui des terrains d’études et de jeux. Il noircit avec fougue des centaines de ces feuilles fines de couleur crème. Il y croque chevaux et portraits, en traits droits aux constructions sculpturales, en lignes courbes et rapides. Inscriptions, signatures, tampons, motifs et découpes préfigurent ses grands tableaux. Des taches de couleurs rythment ses ingénieuses compositions. Vifs sont les raccourcis, libre est le trait du peintre. Sur la toile, son style lie maitrise des techniques occidentales de peinture à l’huile et vision du nomade à l’espace. Ses canevas sont de larges steppes, au tendre vert, aux cieux bronzés. Les couleurs symboliques de la terre chaude aux éclats jaunes, rouges contrastent avec les acides bleus et verts des froides journées d’hiver. L’espace est structuré par de grands aplats colorés. Clin d’œil aux représentations traditionnelles qui utilisent une perspective « tournante », le peintre confronte le spectateur à la vision qu’a l’homme dans l’infini de la steppe. Les fonds sont terre autant que ciel. La multiplicité des points de vue atteint son paroxysme lorsque les personnages peints en pied se juxtaposent aux figures miniatures, aux architectures schématiques. Les figures flottent, l’homme perd tout repère.
De la poésie Chimeddorj est un œil. De sa plume légère, il peint les chevaux en mouvement et dépeint leurs attitudes, montrant une connaissance aiguë de la race chevaline. Son trait se métamorphose en celui d’un enfant pour représenter la vie mongole passée et actuelle, les femmes aux coiffes traditionnelles, l’intérieur d’un appartement de ville. La continuité de ses styles s’exprime dans la sensibilité et la sérénité que dégagent son oeuvre, dans le regard intime que s’adressent ses personnages.
Si sa peinture se comparait à d’autres, ce serait peut-être à Manet par ses aplats, à Picasso par sa dextérité ou à Miro par son geste enfantin. Chose sure, c’est auprès des grands maitres qu’on le rangerait. Mais Chimeddorj a acquis un style propre aux thématiques issues de la culture mongole. On dit de lui qu’il est l’ambassadeur de sa terre natale. |



